La Chine, et sa consommation de matières premières et recyclables, est devenue le baromètre des marchés. La Chine qui continue à avaler des volumes grandissants de matières premières se fournit sur le marché mondial. L'État chinois encourage vivement ses entreprises métallurgiques à capitaux en majorité publics à sécuriser leurs approvisionnements hors des frontières, d'où les tentatives qui se multiplient, parfois couronnées de succès, d'investir dans les compagnies minières fragilisées par la crise.
Développera-t-elle sa consommation intérieure comme l'a appelé à le faire l'OCDE pour rééquilibrer le commerce international ? Rien n'est moins sûr et l'on assiste aujourd'hui à une grande marche en avant de cet empire hors de ses frontières. Rien de plus naturel, mais combien inconfortable pour le reste du monde. Cet atelier aux dimensions gigantesques a gagné les premières places, celles de la production d'acier, de la fabrication automobile, très bien placée pour la production de papier et carton... Si l'on devait organiser des jeux Olympiques de la production, la Chine aurait sans doute la médaille d'or.
Or l'influence de ce grand pays sur le tissu industriel du reste du monde est désormais synonyme de déséquilibre. C'est vrai en France et en Europe, notamment, mais aussi au-delà, y compris dans les pays en développement. D'où l'importance de son développement en interne. Les puissants groupes de pression qui se sont constitués dans le pays en faveur d'une économie où les salaires sont très maîtrisés et les exportations fortement encouragées, voire financièrement soutenues, laissent mal augurer d'un changement radical dans les prochains mois. Sauf si la population réagit comme elle l'a fait à maintes reprises au cours de son histoire. Les problèmes de pollution et de nuisances diverses occasionnées par ce développement à marche forcée n'ont pas été pris en compte par les autorités.
Martine Chartier
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